Membre: SandrinePromTep
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31 août 2010 - Conseils et veille > Communication et Marketing
Participer aux médias sociaux: 2. une question de gradation

Dans la première partie de ce billet, avant de se demander comment participer aux médias sociaux, j'ai présenté les différentes formes de participation à l'aide de l'échelle des profils technographiques de Forrester.


Alors la question demeure: Où se situer dans cette échelle de participation si l'on souhaite une présence en ligne?

Et le cas échéant, par où commencer ou comment s'impliquer sans y laisser sa peau? Quoi faire et où trouver tout le temps et l'énergie de s'impliquer intelligemment finalement?

Se poser la question en ces termes est une façon qui peut décourager car cela ne vous donne pas d'emprise sur un point de départ réel dans votre situation actuelle. Je vous propose donc de prendre la question de contre-pied et de commencer par vous demander plutôt ce que vous faites déjà sur Internet en rapport avec votre vie professionnelle.


Le cas d'une professionnelle parmi d'autres

La meilleure façon de vous poser la question est en fait de vous laisser vous la poser pour vous même en vous servant de mon cas comme base de comparaison, à titre d'exemple. Il s'agit de vous permettre de situer vos besoins parmi les activités qui sont les miennes et d'adapter votre niveau d'implication au degré qui vous convient, un pas à la fois.

En quelques lignes, commençons par un portrait rapide de mon profil professionnel. Je suis ergonome des interfaces depuis 1995, en entreprise d'abord puis à mon compte depuis 2001. Passionnée par l'expérience usager (UX), j'ai décidé en 2005 de poursuivre ma spécialité au doctorat en marketing électronique à HEC Montréal dans le but de pousser ma compréhension de l'expérience de consommation en ligne.

De fil en aiguille, le Web étant devenu « social » durant ces années d'études, cela m'a amené à approfondir la notion de « social usability » dans le cadre de ma recherche doctorale et des projets réalisés au sein de la Chaire de commerce électronique RBC Groupe Financier de HEC Montréal. En d'autres termes, je poursuis ma passion UX en explorant comment soutenir l'interaction sociale en ligne (et non seulement l'interaction dans une perspective fonctionnelle), et en cherchant ce qui peut faciliter la « sociabilité » (c.à.d. l'utilisabilité sociale) de ce web plus participatif.

Voilà donc pour la mise en contexte de mes activités. Je vais maintenant vous partager comment mon activité de veille réalisée sur une base continue alimente directement tous les tenants et aboutissants de ma présence en ligne.


La veille: le nerf de la guerre (et une activité cruciale à la survie du professionnel des années 2010)

Ainsi, dans le cadre de mon travail, je fais de la veille quotidienne pour maintenir à jour "ma base de connaissances" de nature scientifique et appliquée. Je passe en moyenne une bonne grosse heure par jour à extraire du Web des informations qui me sont ou seraient utiles à mes activités professionnelles de consultation, d'enseignement et de recherche.

Pour ce faire, je suis abonnée à des infolettres et des listes de diffusion de communautés de pratique. Je dois faire une confession: je suis très Google. :)

J'utilise Google alerts pour surveiller la mention de mon nom et de mon blogue. Google Reader me permet de suivre mes abonnements à différents fils RSS, et j'avoue, j'utilise aussi de plus en plus Twitter pour suivre ces mêmes sources, des collègues, blogueurs ou autres sources d'information médiatiques qui s'intéressent aux mêmes choses que moi.

Donc en ce qui me concerne, pour effectuer ma veille, j'ai recours à une liste de mots-clés qui comprend des termes comme UX, ergonomie, utilisabilité, interfaces, marketing interactif, commerce électronique, web 2.0, web participatif, médias sociaux, etc. Avec ces outils, je scanne le web au quotidien comme le ferait un radar numérique. Et à chaque fois que je lis quelque chose d'intéressant pour moi, qui vient de m'éclairer, c'est le déclic intérieur, j'ai justement une petite lumière qui s'allume et je me dis : faut que je partage ça!.

De façon générale, je peux simplifier en avançant que j'ai deux niveaux de partage de ma veille en ligne. Je parle de niveaux ici, en faisant référence au degré d'implication que chacun requiert (léger VS intense).


Premier niveau de partage d'information

Le premier niveau en est un qui a pour fonction le « relais » d'information. Je considère que nous sommes tous des vecteurs d'information que nous nous relayons au sein de nos réseaux, et je pensais cela bien avant que les réseaux sociaux en ligne n'existent.

Cette fonction de relais peut sembler à certains très basique ou triviale mais le fait d'avoir un pied dans la recherche et un pied dans la pratique, me permet souvent d'être un vecteur de relais relativement rare et de ce fait intéressant pour d'autres. Je constitue une forme de passerelle d'informations entre deux communautés qui se parlent peu : l'académique et le pratique. Cette situation de passerelle est cependant vraie pour tous à différents niveaux ou pour différentes sphères d'activités. L'important est d'identifier pour quel type d'information et quel type d'auditoire, vous pouvez constituer ce vecteur de relais 'unique'.

Le relais d'information comme tel peut se faire via Twitter, LinkedIn ou Agentsolo (ces trois comptes sont liés dans mon cas), lorsque par exemple je lis un article et colle le lien sans le commenter. Je relaye ou retwitte également le statut ou l'update d'une personne que je suis au reste de mon réseau, parce que je trouve cela pertinent pour moi et je me dis que si c'est le cas, cela peut servir aussi à d'autres que moi.

Je le fais parfois via Facebook, mais seulement lorsque c'est professionnel-personnel, donc d'ordre plus général et que cela me concerne d'une façon que mes amis ou ma famille peuvent saisir - et non seulement mes collègues initiés.

Très souvent aussi, je me sers de mes marque-pages en ligne aussi appelés "social bookmarks", à la De.li.cio.us. Personnellement, j'utilise Google notebook. Je sais que Google ne soutient désormais plus le développement de cette application malheureusement depuis l'an dernier. Cependant, je l'ai utilisée depuis le tout début et tous mes répertoires de classement d'information pour ma veille sont déjà structurés et efficaces pour mes besoins. Ce serait trop de travail et de temps pour moi de tout recommencer...

De toute façon, comme je le mentionnais d'entrée de jeu, l'idée ici n'est pas de faire la promotion d'aucune plateforme ni d'aucun outil en particulier, car chacun développe ses implications en fonction de ses intérêts, de ses besoins et de là où se trouvent les gens qui sont à rejoindre...de la même façon qu'on fréquente les cafés, bistros et bars où notre « crowd » se tient…




Second niveau de partage d'information

Le second niveau de partage d'information en est un où j'ajoute un véritable traitement à l'information que je partage. Cela dépasse le simple relais d'information. En général, lorsque je lis un article scientifique ou de presse spécialisée en communication humain-ordinateur ou en marketing électronique, cela suscite chez moi une petite réflexion. Parfois, cela me questionne sur mon domaine d'activités, sur ma pratique ou sur la recherche en ergonomie des interfaces, et bref, ce qui est important, c'est que j'éprouve le besoin d'articuler cette réflexion pour moi-même autant que de la partager pour la confronter à l'opinion des autres (j'aime bien savoir si je suis la seule à penser quelque chose ou pas...pour me rassurer! ;)

Blague à part, il s'agit ici de contribuer à la réflexion de tous, d'ajouter mon point de vue ou de croiser la nouvelle information avec de l'ancienne pour la mettre en perspective, et démontrer une position critique positive ou négative. Dans ce cas là, la plupart du temps, je vais intervenir sur une liste spécialisée comme Ergo-IHM (France) ou Chi-Web pour Computer-Human Interaction Special Interest Group(USA) que je suis depuis plus de dix ans et qui me gardent à jour au niveau des connaissances et des sujets d'intérêt pour mes collègues à travers le monde notamment, cela aide à situer sa profession au Québec. Je participe également à des groupes spécialisés sur LinkedIn (ex.: The Wharton Interactive Media Initiative, UX Professionals, Social Media Marketing).

Pour moi, il est clair que le niveau d'implication le plus intense en termes de temps et de réflexion pour réellement se positionner ou exprimer son point de vue, c'est le blogue - personnel ou collectif (comme celui de l'APCM ou l'Association des Professionnels de la Communication et du Marketing auquel je participe à titre de blogueuse officielle).

Je vais donc également souvent rédiger un billet sur mon blogue Ergonomia.ca que j'ai lancé en 2000. Ce niveau de partage est très demandant et prend beaucoup de temps. Rédiger un billet représente toute une chaîne d'activités, depuis la lecture d'articles, au déclic, en passant par l'articulation de l'idée ou ce que je veux dire, de mon argumentation ou comment je veux l'amener, à la rédaction finale et publication en ligne avec relecture. C'est pourquoi d'ailleurs, pour des raisons pragmatiques, cela peut varier mais j'en écris relativement peu, un par deux mois en moyenne (en souhaitant en écrire un par mois dans un monde idéal! ;)

Ici j'aimerais préciser que c'est également un choix personnel, une question de valeurs, que de choisir de privilégier de publier peu de billets où j'investis une réflexion de qualité. Soit je rapporte la synthèse d'un article scientifique ou managérial que j'ai lu, partage le compte-rendu d'un événement auquel j'ai participé, d'une conférence à laquelle j'ai présenté un papier par exemple ou autre activité qui exige une bonne implication. De nombreux blogueurs et blogueuses sont plus à l'aise à publier des minis billets tous les jours à la place, parfois même plusieurs fois par jour. Je respecte cela. Dans mon livre à moi, cette approche s'apparente plus à du relais d'info, à du partage de lien avec quelques mot-clés pour seuls commentaires contextuels ou personnalisés. C'est pourquoi en ce qui me concerne, je préfère utiliser le micro-blogging pour ce niveau de partage, comme je le mentionnais précédemment. C'est pourquoi également j'ai aussitôt sauté sur Twitter - dès que c'est sorti ou presque! - pour répondre à ce type de besoin.

L'avantage de consigner ainsi mes réflexions, est que cela me permet de garder une trace de tout ce qui suscite mon intérêt et de l'évolution de ma « pensée ». je décortique la compréhension de ma pratique, la perception du grand public de cette communauté professionnelle et de ses interventions en conception et évaluation d'interfaces. Les domaines évoluent. Il y a quinze ans, on me demandait souvent "Qu'est-ce que ça mange un ergonome des interfaces en hiver?", ça m'arrive moins souvent en 2010...

Souvent il m'arrive d'être chez un client et de me rappeler avoir vu quelque chose d'intéressant en rapport avec ce dont on est en train de discuter, et de le rechercher directement "live" devant le client dans mon blogue, ce qui démontre toujours une preuve de sérieux et de crédibilité. Pour aider la diffusion de mes billets, je vais souvent « twitter » le titre d'un billet après l'avoir écrit sur mon blogue ou sur le blogue collectif de l'APCM où je contribue également. Ce sont deux outils qui se relayent naturellement, vous l'aurez deviné.

Dans le cadre de ce second niveau de partage d'information, je laisse également parfois des commentaires sur des blogues, après la lecture de billets qui m'intéressent. Cela représente quelques lignes, et c'est une façon de participer à la discussion continue dans ma communauté de pratiques en rendant mon activité de veille visible aux autres. Je tâche d'exprimer un commentaire d'appréciation pertinent en justifiant ce qui motive mon point de vue, afin que cela invite plus et mieux à la poursuite d'un échange avec l'auteur du billet car je signe toutes mes interventions.

Ces commentaires constituent une trace de ma « présence » passive (lecture) dans cette communauté, qui est complétée par ma présence active (contribution active par le relais ou le traitement d'information). En effet, il ne faut jamais oublier qu'en ligne, tout ce qui est écrit est indexé et reste, et c'est pourquoi soigné et signé ses interventions est très important – en s'assurant si possible que l'on ne regrettera pas un jour ce que l'on a avancé…


Le mot de la fin

Un dernier point mais non le moindre avec les réseaux sociaux, il faut se rappeler de ne pas jeter le bébé avec l'eau du bain et que la meilleure façon d'entretenir ses réseaux en ligne, c'est de participer aux activités hors ligne de tous vos réseaux personnels, professionnels ou d'affaires.

Idéalement, si vous y pensez, prenez toujours une ou deux belles photos de l'événement auquel vous participez, pour les mettre ensuite en ligne sur un site comme Flickr, microblogue ou votre blogue, en y documentant votre présence en quelques lignes ou caractères. C'est une contribution en ligne simple et rapide, qui témoigne d'une participation active à votre communauté professionnelle, d'une attention aux individus qui en font partie, et c'est une attention qui vient documenter voire consolider des liens établis avec ces personnes.

Enfin, pour ceux qui se le demandent, je dois passer cinq à sept heures par semaine en moyenne sur les différents réseaux auxquels je participe en y incluant le temps que cela représente dans ma veille de base quotidienne.


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