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Tout savoir sur la nouvelle orthographe recommandée
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Membre:
binometraduction
Nom de l'entreprise: Binôme, traduction technique

Personne-ressource: Marie-Claude Plourde

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22 avril 2005 - Conseils et veille > Rédaction et Traduction
Un peu d'histoire
La langue évolue constamment. Toutefois, nous remarquons très peu les changements qui se produisent à l'oral aussi bien qu'à l'écrit, car ceux-ci apparaissent de façon graduelle. C'est ainsi que plusieurs nouveaux mots sont acceptés chaque année au dictionnaire, dont la désormais célèbre création québécoise courriel visant à remplacer l'emprunt à l'anglais e-mail. La plupart de ces mots sont intégrés à la langue française pour satisfaire un besoin de décrire des réalités nouvelles, comme cela se produit dans les domaines scientifiques et techniques, mais aussi parfois pour désigner des réalités que nous avons importées d'autres pays, surtout dans les domaines culturels. C'est pourquoi nous intégrons notamment beaucoup de vocabulaire concernant la nourriture, cette dernière suivant des tendances qui sont de plus en plus internationales. Ainsi, nous avons découvert il y a déjà plusieurs années le hot-dog américain et le spaghetti italien, et nous découvrons aujourd'hui le sushi japonais, le taboulé libanais et la paëlla espagnole.
Si l'ajout de mots à la langue française est courant, les changements apportés à l'orthographe et à la grammaire sont quant à eux beaucoup moins fréquents. Des modifications furent néanmoins régulièrement apportées au français depuis le tout début de son évolution comme langue vernaculaire latine. L'ancien français acquit le statut de langue écrite en 842. Il fallut toutefois attendre plusieurs années avant que l'usage et les règles de grammaire ne soient définitivement fixées et le vocabulaire épuré: l'Académie française ne fut fondée qu'en 1634, période à laquelle le français était alors devenu une langue classique possédant un grand rayonnement. Depuis cette époque, très peu de changements ont été apportés aux règles de base de l'écriture de la langue. La réforme de l'orthographe dont nous entendons de plus en plus parler a en fait été instaurée il y a déjà 15 ans. Mais les vieilles habitudes sont difficiles à changer, et les gens ne font que commencer à s'intéresser aux modifications suggérées.
C'est ainsi que plusieurs règles et exceptions, si nombreuses en français, remontent jusqu'au Moyen-Âge, époque à laquelle très peu de gens étaient instruits et savaient écrire. La plupart des documents étaient alors rédigés par des scribes payés à la lettre. De plus, la calligraphie utilisée à l'époque comprenait des hampes et des jambages majestueux. Ces lettres stylisées qui débordaient de la ligne moyenne d'écriture (b, d, f, g, h, j, k, l, p, q, s, t, y, z) impressionnaient le peuple par leur allure, aussi les scribes demandaient-ils plus cher pour les calligraphier. Une anecdote historique raconte ainsi pourquoi les verbes appeler et geler ne se conjuguent pas de la même manière: les verbes en –eler et en –eter possédant une lettre avec hampe dans leur terminaison, les scribes auraient graduellement imposé le redoublement de cette consonne à certains de ces verbes afin d'augmenter substantiellement leurs tarifs. Comme quoi les tactiques visant à augmenter les profits de datent pas d'hier!
La nouvelle orthographe recommandée
La nouvelle réforme de l'orthographe recommande ainsi d'abandonner certaines exceptions et certaines règles de grammaire fastidieuses et compliquées qui n'ont d'ailleurs aucune explication étymologique ou logique. Si certaines personnes peuvent s'opposer à cette réforme parce qu'elles trouvent un certain charme à ces difficultés de la langue française, beaucoup de gens seront quant à eux plus qu'heureux de se simplifier la vie. Et puis les nostalgiques pourront toujours se consoler en sachant que l'orthographe et les règles classiques demeurent en vigueur. La nouvelle orthographe est certes recommandée, mais elle n'est pas obligatoire. Ainsi, les gens ont le choix d'opter pour l'orthographe classique ou celle de la réforme sans pour autant commettre d'erreur en préférant l'une plutôt que l'autre. Toutefois, la régularité s'impose: si vous adoptez la nouvelle orthographe dans un document, soyez constant et appliquez-la partout!
Voici donc en bref les principaux changements suggérés:
Les numéraux composés sont systématiquement reliés par des traits d'union.
Ex.: deux-mille-trois-cent-vingt-et-un, deux-cents, trois-millième
Le second élément des noms composés du type « verbe-nom » ou « préposition nom » prend la marque du pluriel lorsque le mot est au pluriel.
Ex.: un compte-goutte, des compte-gouttes ; un après-midi, des après-midis
On emploie l'accent grave (plutôt que l'accent aigu) dans un certain nombre de mots (pour accorder leur orthographe avec la prononciation), ainsi qu'au futur et au conditionnel des verbes qui se conjuguent sur le modèle de céder.
Ex.: évènement, règlementaire, je cèderai, ils règleraient
L'accent circonflexe disparait sur les lettres i et u. On le maintient néanmoins dans les terminaisons verbales du passé simple, du subjonctif, et en cas d'ambigüité.
Ex.: cout ; entrainer, nous entrainons ; paraitre, il parait
Les verbes en –eler ou –eter se conjuguent comme peler ou acheter. Les dérivés en –ment suivent les verbes correspondants. Font exception à cette règle appeler, jeter et leurs composés (y compris interpeler).
Ex.: j'amoncèle, amoncèlement, tu époussèteras
Les mots empruntés forment leur pluriel de la même manière que les mots français et sont accentués conformément aux règles qui s'appliquent aux mots français.
Ex.: des matchs, des miss, révolver
La soudure s'impose dans un certain nombre de mots, en particulier dans les mots composés de contr(e)– et entr(e)–, dans les onomatopées et dans les mots d'origine étrangère, et dans les mots composés avec des éléments savants.
Ex.: contrappel, entretemps, tictac, weekend, agroalimentaire, portemonnaie
Les mots anciennement en –olle et les verbes anciennement en –otter s'écrivent avec une consonne simple. Les dérivés du verbe ont aussi une consonne simple. Font exception à cette règle : colle, folle, molle et les mots de la même famille qu'un nom en –otte (comme botter, qui provient de botte).
Ex.: corole ; frisoter, frisotis
Le tréma est déplacé sur la lettre u prononcée dans les suites –güe– et –güi– et est ajouté dans quelques mots.
Ex.: aigüe, ambigüe ; ambigüité ; argüer
Pour plus d'information, visitez le site http://www.orthographe-recommandee.info
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