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Parler le langage de la couleur.
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Member:
Caronga


Company name: Caronga Branding et Design

Resource person: Gaétan Caron

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April 8, 2008 - Advice and Strategy > Multimedia & Graphic Design
Le langage de la couleur passe par les yeux. Par la mémoire aussi. Hormis cela, difficile de concevoir une couleur précise, et encore moins de la communiquer. Si je vous demande d'imaginer un rouge, lequel est-ce? Rouge paprika? Rouge carmin? Rouge Ferrari?
La solution afin de communiquer la couleur, vous la connaissez: il faut s'en remettre à des nuanciers de couleurs universels. C'est ce que l'on retrouve en décoration avec les nuanciers de couleurs des grands fabricants de peintures tels Sico, Para, Benjamin Moore, etc. Chaque couleur est nommée en plus d'être numérotée: si je dis: «je veux peindre ce mur en Sico Bleu urbain 6170-63», vous ne pouvez pas vous tromper. Le marchand de peintures non plus. S'il ne vend pas de Sico, il pourra utiliser une charte de conversion des couleurs et vous préparer l'équivalent avec une autre marque. En fait, tout le monde se comprend car tous les intervenants partagent le même langage partout dans le Monde, celui du nuancier.
Parallèlement, le domaine du graphisme partage aussi plusieurs systèmes de nuanciers de couleurs universels: le système de la compagnie Pantone est de loin le plus répandu. Le métier requiert une précision absolue dans le choix des couleurs et celles-ci doivent être reproduites de façon constante et uniforme aussi bien dans le temps que sur différents supports imprimés ou électroniques. Le défi est quelquefois assez grand afin de garantir la constance de la couleur entre des procédés d'expression de la couleur complètement différents. Voici les trois principaux procédés décrits ci-dessous:
1. Les couleurs SPOT, ou le mélange physique. Également nommées couleurs en aplats, tons directs ou couleurs PMS (Pantone Matching System). Elles sont utilisées directement sur la presse à imprimer. Le graphiste prépare le visuel et choisit une couleur spot sur un nuancier Pantone appelé « Formula Guide», par exemple le PMS 193 (rouge).
Un peu comme chez le marchand de peintures, l'imprimeur consulte le nuancier et prépare cette couleur en mélangeant des encres aux pigments de couleurs primaires aux proportions indiquées. Puis, il remplit l'encrier de la presse et imprime le visuel avec cette couleur. Si le visuel possède plus d'une couleur, l'imprimeur prépare chaque encre séparément et remplit les encriers de la presse. Une presse peut imprimer plusieurs couleurs spot simultanément (2, 3 ou 4 couleurs). Le résultat est un visuel avec des masses de couleurs et des teintes (trames) à différents pourcentages de ces couleurs: du rouge on dégrade jusqu'au rose, du jaune au crème, du noir au gris... Le système spot est souvent utilisé dans les projets à moindre budget, les cartes d'affaires, les formulaires. On l'utilise également très souvent dans les projets d'emballage pour la constance et la luminosité de la couleur. C'est dans ce procédé que l'on retrouve des encres fluos ou métallisées.
2. Les couleurs quadrichromiques, ou le mélange optique. Également nommées couleurs process, procédé 4 couleurs, 4-colour process (ne pas confondre avec 4 couleurs PMS), CMYK ou CMJN. L'impression en quadrichromie utilise invariablement quatre couleurs primaires (le cyan, le magenta, le jaune et le noir) afin de créer un maximum de nuances grâce au mélange optique de ces couleurs. Le graphiste prépare le visuel et choisit une couleur quadrichromique sur le nuancier Pantone appelé «4-color process Guide», par exemple le DS 95-1 (rouge). L'imprimeur, cette fois-ci, ne mélange pas les encres: il utilise plutôt une presse quadrichromique munie des quatre encriers aux couleurs primaires cyan, magenta, jaune et noir. Au passage de la feuille, chaque encre est déposée sous forme de minuscules points superposées (trames) de différentes grosseurs selon la composition de la couleur. Dans le cas du DS 95-1, il faut superposer 10% de cyan, 100% de magenta, 80% de jaune et 15% de noir. La juxtaposition des trames d'encres transparentes crée un mélange optique rouge.
Avec ce type de presse, la quantité de nuances que l'on peut imprimer ainsi est énorme, théoriquement toutes les combinaisons possibles entre le 0C 0M 0Y 0K (blanc) et le 100C 100M 100Y 100K (noir absolu). Par ailleurs, une photo en couleurs sera reproduite à la perfection grâce à ce système à points de trame. Plus la trame est fine (150 à 300 lpi), meilleur est le détail d'impression. L'impression en quadrichromie est plus sensible aux imprécisions de couleurs que le procédé spot puisque la moindre variation dans la densité d'une des encres primaires de la presse fera varier la couleur. Le système quadrichromique est souvent utilisé dans les projets à moyen ou grand budget, les affiches, magazines, brochures.
Dans certains cas, une presse à imprimer peut combiner les deux procédés: une presse à 6 couleurs imprimera les 4 encres quadrichromiques et 2 encres PMS en même temps. Pourquoi? Parce que, malgré toute la souplesse de la quadrichromie, celle-ci ne peut tout simplement pas reproduire adéquatement bon nombre de couleurs spot, entre autres la gamme des orangés...
3. Les couleurs additives, ou couleurs écran. Également nommées couleurs RGB, ou couleurs RVB. Dans ce procédé-ci, on parle de la couleur projetée à l'écran de l'ordinateur: tout un autre monde par rapport aux deux précédents! Ces couleurs sont créées à partir de trois faisceaux lumineux de couleurs primaires: le rouge (R), le vert (V) et le bleu (B). Contrairement aux autres procédés de couleurs, plus on ajoute de couleurs et plus on obtient de clarté. Elles sont déterminées par trois valeurs situées entre 0 et 255, entre le noir (0R 0V 0B) et le blanc (255R 255V 255B). Par exemple, le rouge cité en exemple plus haut aura une valeur de 195R, 12V et 62B. Également, le codage de la couleur écran peut être exprimé en Hexadécimal, un codage en base 16 utilisé dans le design des sites Internet. Notre rouge devient alors #C30C3E.
Notons que les couleurs additives sont rendues par le faisceau lumineux ou cristaux liquides de chaque écran de chaque utilisateur, ce qui complique le contrôle des couleurs dans un design: chaque écran ne dispose pas de la même carte graphique et, de surcroît, peut être calibré ou pas, être usé ou pas...
Le défi de la couleur.
Pour le designer graphique, le défi est celui de la constance et du contrôle de la couleur au travers des différents procédés appliqués à différents supports. Pensez à la couleur rouge de Coca-cola, imprimée sur les cannettes de métal (PMS), dans un magazine papier ou une affiche de vinyle (Quadrichromique), puis diffusée à la télé et dans un site Internet (RGB). Il faut de toute évidence pour cela que la couleur choisie par le designer soit convertible et uniformisée dans les trois procédés.
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